TRAVAIL DE COMMANDE

Roquefort - 1935 - SOUGEZ - Inv. 70.1324.13

Roquefort - 1935
Emmanuel SOUGEZ
Gélatino-bromure d'argent
H. 39,6 x L. 29,9 cm
Inv. 70.1324.13

 

 

Lutrin à l'Église St Gervais - 1943 - SOUGEZ - Inv. 70.1324.11

Lutrin à l'Église St Gervais - 1943
Emmanuel SOUGEZ
Tirage au charbon
H. 39,3 x L. 29,3 cm
Inv. 70.1324.11

 

 

Une porte à l'aube - 1947 - SOUGEZ - Inv. 80.3590.64

Une porte à l'aube - 1947
Emmanuel SOUGEZ
Gélatino-bromure d'argent
H. 17,6 x L. 12,5 cm
Inv. 80.3590.64

 

 

La rose, pendant la nuit s’est magnifiquement ouverte - 1932 - SOUGEZ - In Regarde ! - Inv. 80.3591.173

La rose, pendant la nuit s’est magnifiquement ouverte - 1931
Emmanuel SOUGEZ
In Regarde !, Emmanuel Sougez , Paris, Éditions H. Jonquières, 1931
Inv. 80.3590.173

 

 

[Les angelots] - 1936 - SOUGEZ - In Les terres cuites - Inv. 80.3590.175

[Sans titre] – Les angelots – 1936
Emmanuel SOUGEZ
In Les terres cuites [Figure 56 page 52], Jean Charbonneaux ; Emmanuel Sougez  Paris, Librairie d’art Louis Reynaud, 1936
Inv. 80.3590.175

Emmanuel Sougez (1889-1972)


Emmanuel Sougez incarne la figure du photographe des années 1930,  conjuguant travail artistique et travail alimentaire répondant à des commandes de publicitaires ou d’éditeurs. Directeur des services photographiques de la revue L’Illustration dès leur création en 1926, il revendiquait même ce double aspect de son travail, l’application illustrative de la photographie étant selon lui indissociable du médium :
"La représentation photographique exempte de truquage malhonnête est d’une indiscutable valeur. L’objet photographié transporte immédiatement dans le monde réel. On est assuré que ces cristaux, ces tissus, ces cigarettes, ces mets de choix, ce beau visage, ne sont point des exemples fictifs ; qu’ils existent quelque part, par toute leur transparence, leur moelleuse texture, leur appétissante fraîcheur, leur charme séducteur." [1]

Un art difficile

"[…] La photographie publicitaire, […] est l’une des branches les plus arides qui soient. Il faut satisfaire, outre le public et le client, les nombreux intermédiaires et les conseillers presque toujours d’avis opposé qui interviennent de la façon la plus néfaste, s’entend. Ainsi, n’est pas 'photographe publicitaire' qui veut et quelques noms seulement, ornent notre cartel" [2]

Refusant les techniques de photomontages, collages ou autres détournements d’images, Sougez insiste sur les compétences photographiques indispensables pour tout bon photographe-illustrateur.  Comme le décrit sa fille, Marie-Loup Sougez, il est "un inébranlable défenseur de la 'photographie pure', c’est-à-dire libre de toute manipulation. Bien qu’il sût les réaliser à la perfection, il ne prit jamais au sérieux ni les photomontages, ni les solarisations, ni les photogrammes […] ou les surimpressions, si fréquentes à l’époque."

"C'est un métier, messieurs"

Sougez défend la notion même de métier du photographe :
"Et n’est-il pas significatif qu’il existe en France un groupe de photographes-illustrateurs dont les productions s’opposent par leurs qualités et leur noblesse au tout-venant d’archives communes ? […] Car c’est un métier, messieurs, et dans son domaine on ne peut improviser sans de nouveau courir le discrédit qu’un sot préjugé avait déjà amorcé il y a un siècle. Si de nos jours on a pu écrire : 'La photographie est de même essence que le mot imprimé : l’image est la sœur de la lettre… et l’art moderne de l’imprimeur sera d’assortir chaque photographie d’une juste typographie', c’est bien, n’est-ce pas, pour recommander le respect dû à la photographie." [3]

"Le plus puissant et le plus sincère des moyens d'expression graphique"

En 1946, il intègre le Groupe des XV, association de photographes défendant la photographie en tant qu’art, à une époque où la photographie amateur se développe de plus en plus. Parmi eux, Marcel Bovis, Willy Ronis, Lucien Lorelle, René-Jacques, Pierre Jahan ou encore Robert Doisneau. En 1948, Sougez se félicite d’avoir obtenu gain de cause :
"Il aura fallu près d’un siècle pour que la photographie, dont la pratique et l’usage étaient depuis longtemps universels, soit considérée selon sa valeur et ses mérites propres. Un exposé historique, souvent développé ailleurs, par des spécialistes, serait nécessaire ici pour indiquer les causes de cette ingratitude dans la méconnaissance d’une des plus merveilleuses inventions.
C’est de l’histoire, donc du passé. Voici que, par de patientes campagnes, grâce à la persévérance d’hommes convaincus, par des manifestations largement organisées dans le monde entier, par l’usage que savent en faire certaines publications illustrées, la photographie s’impose aujourd’hui comme le plus puissant et le plus sincère des moyens d’expression graphique. […]
Aujourd’hui, par des expositions, des salons partout attendus et suivis, se manifeste cette nouvelle école dont, pour ne parler que de la France, le public nomme les tenants les plus qualifiés, comme on cite Renoir, Cézanne, Bonnard ou Maillol. Ce sont  'nos' Albin-Guillot, Garban, Masclet, Bovis, René-Jacques, Jahan, Boucher, Amson, Lorelle, bien d’autres aussi et, parmi eux, ces nouveaux, ces jeunes que nous, les aînés, voyons poindre avec espoir." [4]

"La vie, sous tous ses aspects"

Des centaines de milliers de photographies, sur verre, sur cellulose, sur papier. La production de Sougez est immense. A l’image de son admiration pour la photographie :
"C’est le chant de la lumière parmi le chœur  des choses. La légèreté des matins, les crépuscules appesantis, la splendeur des eaux transparentes. Voici le bel arbre sain, le coin de rue sordide, la fleur et l’oiseau, l’herbe et le beau nuage. L’adolescence, son bonheur au front, le visage las des hommes de la terre, ces lèvres de sourire, cet œil anxieux ou réjoui. Les architectures grandioses et les humbles objets de tous les jours, le mouvement des bêtes, l’inertie des minéraux, la vie enfin, sous tous ses aspects.

Et tout, tout cela, par la vertu de cet œil magique qui voit toute chose et de cette plaque argentée où s’inscrit toute l’image." [5]


[1], [2] : Emmanuel Sougez, "La photographie et la publicité", article paru dans Photo-Illustrations, n°10, 1935.

[3] : Emmanuel Sougez, "Le bon usage et le mauvais de la photographie", article paru dans Camera, n°9, septembre 1955.

[4], [5] : Emmanuel Sougez, "Vie des images", article paru dans Le Monde illustré, 13 mars 1948.

 

[Cosmétiques] - Vers 1935 - SOUGEZ - Inv. 80.3590.186

[Sans titre] - Cosmétiques - Vers 1935
Emmanuel SOUGEZ
Interprétation positive
H. 39,8 x L. 29,8 cm
Inv. 80.3590.186

 

 

Satin et plumes - 1933 - SOUGEZ - Inv. 80.3590.144

Satin et plumes - 1933
Emmanuel SOUGEZ
Gélatino-bromure d'argent
H. 39,2 x L. 29,3 cm
Inv. 80.3590.144

 

 

Regarde ! [Première de couverture] - 1932 - SOUGEZ - Inv. 80.3591.173

Regarde ! [Première de couverture]
Emmanuel SOUGEZ
Paris, Éditions H. Jonquières, 1931
Inv. 80.3590.173

 

 

Château de carte, récompense la patience et la peine - 1932 - SOUGEZ - In Regarde ! - Inv. 80.3591.173

Château de carte, récompense la patience et la peine - 1931
Emmanuel SOUGEZ
In Regarde !, Emmanuel Sougez , Paris, Éditions H. Jonquières, 1931
Inv. 80.3590.173

 

 

Segovia : El navio de Piedra, Penasola [Première de couverture] - 1956 - SOUGEZ - Inv.80.3590.176.1

Segovia : El navio de Piedra [Première de couverture]
texte : Luis felipe PENASOLA, Photographies : Emmanuel SOUGEZ
Madrid, Éditions Mundo hispanico, 1956
Inv. 80.3590.176.1

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